Rencontre avec Angela Basset

Vendredi 5 février 2010, nous avons eu la chance de rencontré Angela Basset lors de la conférence de presse dans le cadre de sa participation au Festival international du film de Guadeloupe.



Rencontre avec Angela Basset
La présentation du FEMI n’est plus à faire. Il avait pour invité d’honneur cette année Angela Basset, célèbre actrice afro-américaine que l’on a pu notamment admirer dans Malcom X de Spike Lee avec Denzel Washington. On a également applaudi son rôle de Tina Turner dans le film de Brian Gibson « Love Got To Do With It» pour lequel elle a remporté le Golden Globe dans la catégorie meilleure actrice de film dramatique.

Après avoir étudié la comédie pendant de nombreuses années à la Yale School of Drama, elle s’est essayée aux planches de Broadway. Aujourd’hui, elle représente sans doute la plus belle réussite d’une femme noire au cinéma américain.

Rencontre avec une femme au talent impressionnant.

Quel est l’importance pour vous d’être présente dans un festival créé par des femmes ?
« C’est particulièrement important car d’une part c’est un festival créé par des femmes, mais d’autre part par des femmes de couleur. L’industrie du cinéma est dominée par les hommes, il est très difficile de se frayer un chemin. Le Festival existe depuis bien des années, il est donc très important. »

Allez-vous partir du festival avec une nouvelle inspiration ?
"Sur le plan professionnel, il y a toujours de l’inspiration à tirer des films que l’on peut voir. Malheureusement, depuis mon arrivée, je n’ai pas encore eu le temps de voir de films.
Mais l’expérience de cette atmosphère, de cette île est un enrichissement qui vient de l’expérience que l’on vit ensemble.

Pendant le FEMI, s’est tenu un marché qui montre l’organisation de l’industrie caribéenne. Cette initiative peut-elle obtenir le soutien de grands acteurs noirs ?
"Oui, si le scripte est intéressante, si il s’agit d’une vraie histoire. La Caraïbe est une destination de rêve, si elle s’intègre dans un travail sérieux, elle pourra être soutenue.
Il y a 2 ans, Diana Winter, a réalisé un film à Trinidad. Le film a accueilli des acteurs importants. Il y a donc déjà eu des expériences de ce type qui ne demande qu’à se répéter."

Il est difficile pour une femme noire de réussir aux USA. Si elle veut réussir, doit-elle s’expatrier ou rester dans son pays ?
"C’est une question de personnalité. Ceux qui voyagent peuvent réussir comme Euzhan Palcy, qui a réussi au Etats-Unis. Le problème est que si vous faite carrière en Guadeloupe, vous allez représenter 1 acteurs sur 3, donc être « rare ». Si vous venez à Los Angeles pour faire carrière, vous allez vous retrouver en concurrence avec des milliers de personnes qui ont le même désir que vous, sans forcément avoir le talent."

Que reste-t-il de la femme, personnellement, qui a joué de grands rôles comme Rosa Parks ?
"Quand on sort d’un grand rôle, que le personnage soit réel ou imaginaire, on ressort avec beaucoup de leçon. Ce que l’on retire du personnage ce sont ses messages et ses leçons."

Tout à l’heure vous parliez d’Euzhan Palcy. Elle est perçu, bien que martiniquaise, comme une femme du pays en Guadeloupe. Comment est-elle perçue aux Etats-Unis ?
"Le cinéma d’Euzhan Palcy est très proche du cinéma indépendant. Dans ce domaine, elle est très reconnue. Elle ne fait pas de grosses productions, c’est du cinéma de qualité.
Il y a quelques années, nous avions un projet ensemble. Celui de retracer la vie de Bessie Coleman, la première aviatrice noire. Personne n’a voulu financer le projet car c’était l’histoire d’une femme noire et un film d’époque qui coute cher donc. La seule condition trouvée pour que quelqu’un finance le projet était d’intégrer un acteur célèbre blanc dans le scripte. Euzhan Palcy a refusé cette concession."

A votre sens, la règle des quotas de rôles donnés aux minorités devrait être imposée en France ?
"Cette règle est loin d’être acquis aux Etats-Unis. Il n’y a pas vraiment de loi. Ce sont les petits combats de minorité qui attirent les regards. Des études statistiques sont faites pour se donner bonne conscience. Il faut continuer à se battre car il n’y a pas qu’une seule culture dans le monde. C’est la diversité qui fait la richesse du monde."

Cela n’a rien changé aux Etats-Unis ?
"Si mais se sont des actes ponctuels. Les producteurs ne sont pas là pour faire du social, ils veulent de l’argent. Il faut des grosses têtes du box office pour faire financer un film. Ils veulent une garantie de gagner de l’argent, leur garantie c’est le public et pour plaire et attirer le public il faut des célébrités."










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